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La charpente

Les charpentes "à la Philibert Delorme" d'époque et encore en état sont très rares.

Bonnemare a eu la chance d'en avoir conservé sur les deux tourelles ainsi que sur la voûte du Boudoir de la Chambre de Parade. Au moment de la construction, il devait y en avoir aussi sur le corps central du château, ainsi qu'en témoignent des traces à l'intérieur du grenier.

Une étude de dendrochronologie effectuée en Août 2012 a permis de dater la pose des charpentes pendant l'automne hivers 1560-1561 

Mais qui était donc Philibert Delorme ?

Portrait de Philibert Delorme

- Philibert Delorme est né à Lyon entre 1510 et 1515, et mort à Paris en 1570. Il est enterré dans la grande nef de Notre Dame de Paris. Il alla étudier de 1533 à 1536 les monuments de l'antiquité à Rome, puis, en 1548, devient "Architecte du Roy" et inspecteur des bâtiments royaux. Il est très apprécié par le roi Henri II (1518-1559) et Diane de Poitiers (1499-1566).

- Vers 1550, il invente la charpente dite "à petits bois".

- 1547-1552 : construction du Château d'Anet (Eure-et-Loir). De nombreux châteaux portent sa trace : Fontainebleau, St Léger (Yvelines), Vincennes, Chenonceaux, Villers-Cotterets, St-Germain en Laye ou le Palais des Tuileries. - 1561 : il écrit un traité sur l'art de la construction en neuf livres : "Le premier tome de l'architecture" réédité plusieurs fois, puis les chapitres X et XI, publiés séparément sous le titre "Nouvelles inventions pour bien bastir et a petits fraiz, trouvées n'aguère par Philibert de L'Orme, Lyonnois, Architecte, Conseiller & Aulmonier ordinaire du feu Roy Henry, & Abbé de St Eloy les Noyon".  

Charpentes "à la Philibert Delorme"

Explication du principe Les charpentes construites selon le système décrit par Philibert Delorme dans son "Traité sur la manière de bien bâtir à petits frais" (1561) se composent de simples arbalétriers courbes constitués par des cours de planches mises de champ dont les joints alternent et qui sont serrés l'une contre l'autre par des clés en bois et des chevilles. Ces clés, posées sur des liernes faites de planches qui traversent les arbalétriers et parfois, également, les enserrent, entrent à force dans deux mortaises creusées de part et d'autre de chacun de ces arbalétriers.

Ce procédé de construction a été appliqué aussi bien aux toitures à deux ou quatre pentes qu'aux dômes simples ou à impériale. Il présente l'avantage de mettre en œuvre des éléments de petite dimension (la longueur moyenne des planches donnée par Philibert Delorme est de 1,30 m environ).

Par contre, il a l'inconvénient de poser au couvreur des problèmes difficilement solubles car les ardoises ou les tuiles plates adhèrent mal à la courbure des surfaces, et le charpentier doit, par des aménagements judicieux, apporter à cette courbure des modifications qui lui permettent de recevoir la couverture dans de bonnes conditions. (Extrait de "Charpentes d'assemblage", vol. 1, du Centre de Recherches sur les Monuments Historiques)  

Croquis des charpentes "à la Philibert Delorme"

Chaque chevron forme fermette. Chevrons tous les 0,50 à 0,60 composés de 3 planches qui ont : - 0,21 x 0,027 pour 8 m de portée - 0,27 x 0,041 pour 12 m de portée - 0,35 x 0,054 pour 20 m de portée - 0,35 x 0,067 pour 30 m de portée.

Les liernes (entretoises) ont l'épaisseur des planches et 4 fois leur épaisseur pour largeur. Elles se posent au droit des joints.

Chevauchement des planches Chevauchement des liernes. Ces combles sont chers comme main d'oeuvre, mais ils donnent de jolies voûtes que l'on décore facilement.

Photos des charpentes "à la Philibert Delorme"